Poème Joël: le blouson
Poème Joël: le blouson
LE BLOUSON
Très fraîche s'annonce cette nuit sans nuage,
De rester dans notre maison nous semble sage.
A l'abri chacun vogue à ses occupations,
Parlant de choses et d'autres sans grandes attentions.
Un homme marqua les esprits par sa présence,
Assis occupant son lieu avec insistance,
Avec ses litrons comme simple compagnie,
Solitaire il passa tout son après midi.
Cette conversation nous fit prendre conscience,
Qu'il fallait lui porter toute notre assistance.
Etendu sous un buisson feuillu à l'abri,
Bougeant ce corps recroquevillé endormi,
L'homme bredouilla des mots incompréhensibles,
De récupérer il faisait tout son possible.
De dormir à la belle étoile était sa vie,
De nous voir il ne se faisait pas de souci.
Dans nos vieux vêtements mon épouse s'acquière
D'un blouson que les formes de mon fils portèrent.
Avec une doublure intérieure fourrée,
Couvert d'une toile imperméabilisée,
Ce bon tissus chaud servant comme couverture,
Etalé protègera contre la froidure.
Avant le lever du soleil par précaution,
Du départ de notre pauvre nous fîmes attention.
Aux lèvres des enfants les sourires reprirent,
Sous le buisson notre hôte et le blouson partirent.
Joël Michel (Morlaix)
Première fois
Nous marchions main dans la main, tu t'es retournée,
Autour de non cou tes bras se sont enroulés,
Pendant très longtemps nous nous sommes regardés.
A dix sept ans, je connaissais le mot flirter.
Fixant mes yeux bleus, ton regard m'a supplié,
Caressant mon visage tu t'es rapprochée,
Tout doucement nos lèvres se sont collées.
A dix sept ans, j'ai voulu simplement baiser.
Ton slip à tes pieds je n'ai pu te pénétrer,
Adossée contre un arbre tu avais très froid,
Presque nus nous nous croyons tous seuls dans ce bois.
Des branches ont craqué, des pas se sont rapprochés.
Surpris, honteux, nos pantalons se sont levés,
Tous deux, jambes à nos cous, nous avions décampé.
J'avais dix sept ans, trop pressé j'ai tout caché.
J'adore mes boudeuses, mes chahuteuses,
Mes deux chéries je les aime pour la vie.
J'adore les taquiner, les rendant hargnieuses,
Les embêter quand elles sont sur notre lit.
"Guili! Guili! Je vais vous chatouiller!"
Malines elles demandent Maman en renfort.
Toutes les trois m'immobilisent mes bras,
Alors je me rends, je ne suis pas le plus fort.
Tout se termine par les baisers de Papa.
"Grr! Grr!' Avec elles je ne sais pas m'arrêter,
Quand je vais trop loin je rencontre des grands pleurs.
Près d'elles je m'excuse j'ai brisé leur coeur.
Premiere rencontre
Sur nous deux je voulais faire un poème
Seulement pour te dire que je t'aime.
Pour toi mon cœur bat déjà
D'où tu es cela ne se voit pas.
Tu m'invites à allumer la CAM.
Tu ne connais que mon âme.
Tu veux connaître mon personnage,
Tu n'avais jamais vu mon visage.
Sur l'écran ton portrait s'illuminait.
Belle, de te voir mon cœur battait.
De ton coté mon double apparaissait,
Longuement tu me dévisageais.
Tes yeux et tes lèvres me souriaient.
De suite je comprenais que je te plaisais.
Mes mimiques de clown te faisaient rire.
Ravie, une lettre tu m'as promis de l'écrire.
Tu étais belle sur cet écran.
Tu me souriais tout le temps.
Mes mots touchaient ton jeune cœur,
Pour toi c'était un moment de bonheur.
Le temps a passé, il faut nous quitter.
Avec des gestes, tu m'envoyais des baisers.
Sur l'écran nos deux mains se sont rencontrées.
Ravie, les images se sont envolées.
Dehors écoute les oiseaux chanter,
Pour nous ils scellent notre amitié.
Dans le vent leur chanson nous a uni,
Pour l'amitié, nous souhaite longue vie.
Ma dette je l'ai payée pendant des années.
Arrivé agneau ils ont fait de moi un loup,
Pensant me renvoyer mais j'ai tenu le coup.
Tout derrière moi en sentant une présence,
Machinalement j'accélère la cadence.
Surprenant mon trouble le chef aboie ses ordres,
Et devant les autres continue de me mordre.
Lourdement en l'air l'énorme masse se lève,
Se disant intérieurement « chut ou tu crèves ! »
Un très froid frisson me parcoure tout le corps,
Le fixant dans les yeux je le vois déjà mort.
La haine tu envahies lentement mes veines,
Dois-je ôter sa vie afin d'adoucir la mienne.
La haine écarte toi et passe ton chemin,
Car je ne veux pas devenir un assassin.
Nous nous sommes bien observés pendant longtemps,
Comprenant le message il est parti avant.
Sur le caillou cette masse s'est abattue,
Sur les lèvres tous les sourires sont revenus.
Joël Michel (Morlaix)