Balade en Bretagne: la faune et la flore
Balade en Bretagne: la faune et la flore
Fougères de Bretagne (1)
Fougères de Bretagne (2)
Hanvec. Le Menez Meur entame sa mue
Site de Ménez-Meur
Plus de 4,5 ME de travaux d'ici à 2017
Canal de Nantes à Brest. 16 km d'arbres remarquables
Etrange paradoxe. Non, les campagnes ne sont forcément moins hostiles aux espèces animales que les villes. Les insectes trouvent au contraire de quoi butiner dans les jardins et sur les balcons. Ils y sont surtout moins soumis aux épandages de pesticides. Résultat, les zones urbaines constituent un refuge pour un certain nombre d'insectes pollinisateurs, selon une étude britannique rapportée par la BBC. Publiée par la revue Proceedings B, une étude réalisée par des chercheurs britanniques des universités de Bristol, Leeds, Newcastle, Reading, Edinburgh et Cardiff a étudié les insectes pollinisateurs présents dans les zones urbaines. Sur les 36 sites étudiés, un total of 7412 insectes ont été observés. L'étude a montré qu'il n'y avait "pas de différence significative dans la richesse en espèces d'insectes visiteurs entre les divers types de paysages". Le nombre d'espèces sauvages d'abeilles est plus important dans les périphéries des villes que dans les zones agricoles, souligne la BBC.
Une grande variété de fleurs, tout au long de l'année
Les méthodes d'agriculture extensive sont doublement responsables de la diminution des espèces, selon les chercheurs: par l'usage des pesticides, nocifs pour les insectes, mais aussi parce que la monoculture est dévastatrice pour la biodiversité, indispensable pour la survie des espèces. A l'inverse, les zones périurbaines abritent une grande variété de fleurs tout au long de l'année.Alors que l'habitat urbain ne cesse de s'étendre, les enseignement tirés de cette étude devraient inciter les responsables de l'aménagement urbain à "améliorer la qualité des espaces verts existants dans les zones urbaines", afin d'accueillir ces insectes, indispensables à l'agricultureUne "armoire à pharmacie" en pleine nature? Certaines substances actives contenues dans le nectar des fleurs réduisent les infections parasitaires chez les bourdons, ont constaté des chercheurs.
Cette observation pourrait donner des pistes pour tenter de limiter le déclin sévère des insectes pollinisateurs lié à des causes multiples (intensification de la monoculture, insecticides, agents pathogènes...).
"Faire pousser des plantes contenant ces subtances près des champs pourrait créer une +armoire à pharmacie+ susceptible d'améliorer la survie des abeilles malades et la pollinisation des cultures", estime dans un communiqué l'Université de Dartmouth College, dans le New Hampshire (Etats-Unis).
Des chercheurs en biologie de cette université ont pris comme objet d'étude le bourdon fébrile (Bombus impatiens), une espèce qui vit en Amérique du Nord.
Ils ont scruté l'effet de plusieurs types de nectars sur ces bourdons auxquels ils avaient auparavant inoculé un parasite intestinal.
Ce parasite, le trypanosome du bourdon (Crithidia bombi), a un impact négatif sur les colonies en réduisant la durée de vie de ces hyménoptères et la production de nouvelles reines.
Quelque 540 ouvrières de l'espèce Bombus impatiens ont été nourries avec un régime sucré contenant huit types de substances actives de diverses plantes.
Au bout de sept jours de ce régime, les insectes ont été tués et leurs intestins examinés, afin de déterminer l'importance de la présence du parasite.
Les chercheurs ont constaté que quatre des huit substances contenues dans le nectar avaient permis de réduire de façon significative la présence du trypanosome du bourdon.
L'anabasine, un alcaloïde puisé dans le Tabac arborescent (Nicotiana glauca), s'est montrée la plus efficace avec une baisse de 81% de l'infection parasitaire.
La nicotine, autre alcaloïde, a elle aussi très bien marché (baisse de 62%).
De même que le thymol, composé aromatique que l'on trouve dans le tilleul commun et qui a réduit de 67% la charge parasitaire.
Ou encore le catalpol, puisé dans une plante vivace, le Chéloné glabre (baisse de 61%).
"Surprise"
Mais ces substance actives, qui font partie des mécanismes de défense de la plante contre les herbivores - et donc les amateurs de nectar -, sont parallèlement susceptibles d'avoir des effets négatifs sur les bourdons. De précédentes études ont constaté des cas d'empoisonnement des hyménoptères ou une baisse de leur fertilité.
L'équipe de chercheurs s'est donc penchée sur l'impact négatif éventuel de l'anabasine, aux effets proches de ceux de la nicotine.
A leur grande "surprise", le seul point négatif relevé a été un retard de deux jours dans la ponte, mais sans conséquence sur le nombre d'oeufs et de larves, pointe l'étude publiée mercredi dans le journal britannique Proceedings of the Royal Society B.
Peut-on se permettre d'extrapoler ces résultats aux abeilles? "Bourdons et abeilles font partie de la même famille des Apidae et sont assez proches. Il est possible que l'on obtienne les mêmes résultats avec elles", répond à l'AFP Leif Richardson, principal auteur de l'étude. "Mais pour le vérifier, il faudrait mener des expérience centrées spécifiquement sur les abeilles", ajoute-t-il.
"Il est possible que l'on puisse améliorer la santé" des abeilles et des bourdons en plantant des fleurs qui contiennent des substances contre les parasites, souligne M. Richardson.
L'équipe va faire des expériences dans cette direction. "J'espère que nous pourrons dans le futur formuler des recommandations", ajoute-t-il.
«La perte des mammifères australiens est due principalement aux espèces introduites, en particulier le chat et le renard européen», selon l’enquête. «Les chats ont été introduits comme animaux domestiques ainsi que pour chasser les souris, les renards pour pratiquer un sport de chasse anglais», explique John Woinarski, responsable de l’étude. «Les chats sauvages, au nombre de 15 à 23millions, sont aujourd’hui presque partout. Aussi loin que vous puissiez trouver des signes de vie humaine dans l’immensité australienne, vous en verrez». La plupart des mammifères ayant disparu ou en déclin sont de petite taille, pèsent entre 35g et 5,5kg et vivent près du sol, ce qui en fait des proies idéales pour chats et renards.
Incendies
L’étude accuse également, entre autres, les fréquents incendies d’être à l’origine du déclin des mammifères australiens. «Ce n’est pas un facteur aussi important que la prédation, mais nous pensons que ces deux éléments sont liés, explique John Woinarski. L’impact des chats sauvages est plus important dans les zones brûlées, car la plupart des mammifères n’y ont plus de refuge.»
Comment sauver les espèces en danger tant qu’il en est encore temps? Les chercheurs suggèrent de les isoler sur des îles, à l’abri des chats et renards, comme cela a été fait. Il faut surtout éradiquer les prédateurs invasifs: «C’est la clé pour la survie des mammifères», estime John Woinarski. L’Australie teste un nouveau poison contre les chats, mais la taille du pays rend difficile le contrôle des animaux sauvages, souligne le scientifique. Des écologistes suggèrent pour leur part de s’appuyer sur un prédateur australien: le dingo, un chien sauvage réputé dangereux pour le bétail, voire pour les humains et qui, ils l’espèrent, ne ferait qu’une bouchée des chats sauvages et des renards.
Grâce aux observatoires dans les jardins de zone urbaine, les chercheurs du Muséum mesurent l'impact des produits phytosanitaires sur les hyménoptères.
Pour les particuliers qui utilisent des pesticides dans leur jardin, l'étude fraîchement publiée dans la revue Biological Conservation va peut-être les faire changer d'avis. Elle montre en effet l'impact à grande échelle de ces produits sur les bourdons et les papillons.
Une étude qui doit son existence aux sciences participatives. L'Observation des papillons de jour dans les jardins et des bourdons pollinisateurs par toute personne qui a un peu de temps à consacrer à un tel programme a été mise en place en 2006, dans le cadre du plan Vigie-Nature piloté par le Muséum national d'histoire naturelle. «Cela fonctionne de façon ininterrompue depuis», raconte Benoît Fontaine, chercheur au Muséum qui a mené les travaux avec Audrey Muratet de l'Observatoire départemental de la biodiversité urbaine de Seine-Saint-Denis. L'objectif était de mesurer l'impact des produits phytosanitaires sur les insectes floricoles présents dans les seuls jardins des milieux urbains. «Ils représentent entre 15 % et 25 % de la surface urbanisée», souligne le chercheur qui s'appuie notamment sur des études menées en Angleterre à Sheffield (23 %) et en Nouvelle-Zélande à Dunedin (36 %).
Les travaux qui concernent des jardins de toute la France ont porté sur trois ans, de 2009 à 2011. C'est à partir de cette année-là qu'en plus du comptage des insectes les chercheurs ont demandé aux participants s'ils utilisaient des pesticides sous cinq formes différentes (insecticides, herbicides, fongicides, anti-limace ou bouillie bordelaise) ainsi que des engrais. «Suivant les années on a eu les données correspondant à 2000 ou 4000 jardins», raconte Benoît Fontaine.
Le premier constat -le plus évident- porte sur les insecticides: «Là où ils étaient utilisés, les colonies de papillons (environ 25 espèces recensées) et celles de bourdons ont été clairement touchées», raconte Benoît Fontaine. «Plus étonnant a été l'impact négatif sur les insectes constaté dans les jardins où seulement des herbicides étaient utilisés.» Les chercheurs y voient des effets indirects: ces produits phytosanitaires peuvent détruire une partie des fleurs dont les insectes se nourrissent ou dans lesquelles ils s'abritent.
A contrario, l'usage de fongicides de produits anti-limace ou de bouillie bordelaise peut avoir un effet plus positif en s'attaquant aux champignons ou aux petits mollusques qui abîment, pour les uns, dévorent, pour les autres, les plantes. «On peut supposer que les plantes protégées sont plus vigoureuses et deviennent attractives pour les insectes», précise encore le chercheur qui met néanmoins en garde: «L'usage de ces produits n'est en aucune manière bon pour la biodiversité car ils s'attaquent à d'autres organismes. Si les fongicides peuvent être favorables aux papillons, cite-t-il en exemple, ils font également diminuer le nombre des lombrics» indispensables à la bonne santé de la terre… «Toutes les pratiques de jardinage ont des impacts bien au-delà de la cible visée», prévient le scientifique.
Les données recueillies par les particuliers sont tellement riches et nombreuses que les scientifiques du Muséum ont bien d'autres projets de recherche. Ils viennent ainsi de lancer un nouveau travail portant sur les effets du changement climatique pour les papillons. «On sait que certaines espèces sont interdépendantes et que, par exemple, certains papillons ne pondent leurs larves que sur une seule espèce de plante. Or, si le réchauffement fait remonter faunes et flores plus au nord, bien souvent, ce n'est pas à la même vitesse.» Un autre projet vise à regarder l'effet des pratiques agricoles sur ces espèces communes.
Mais pourquoi ne pas avoir inclus les abeilles dans leurs travaux? «C'est un cas particulier, répond Benoît Fontaine, les abeilles ne représentent pas la biodiversité dans la mesure où celles que l'on voit sont bien souvent domestiques. Quand il n'y en a plus on les remplace. Le regard sur les seules espèces sauvages est beaucoup plus pertinent», affirme-t-il, avant d'ajouter: «C'est comme si pour des travaux sur des ongulés sauvages vous preniez les vaches comme espèces de référence.»
Un photographe amateur britannique a surpris un étrange passager clandestin sur le dos d'un oiseau lors d'une promenade dans l'est de Londres.
C'est une simple promenade qui s'est transformée en instant magique pour le Britannique Martin Le-May: il a réussi à photographier une jeune belette perchée sur le dos d'un pic-vert en plein vol. Un cliché tellement extraordinaire qu'il a eu un succès immédiat sur les réseaux sociaux, et a fait croire à certains incrédules qu'il pouvait s'agir d'une manipulation sur Photoshop.
Mais l'auteur du cliché a raconté son histoire à plusieurs médias, dont la BBC, ITV News et Buzzfeed, et a promis que non seulement l'événement était bien réel, mais qu'il était beaucoup moins bucolique qu'il n'en avait l'air. La jeune belette a en fait essayé de tuer l'oiseau, qui a réussi à s'envoler avec son prédateur accroché dans son dos, avant de pouvoir lui échapper.
Martin Le-May, un photographe amateur habitant dans l'Essex, a vu la scène alors qu'il se promenait lundi après-midi avec sa femme dans le parc de Hornchurch, dans l'est de la banlieue de Londres. Son attention a été attirée par des battements d'ailes et des piaillements dans l'herbe. Il a le réflexe de prendre son appareil photo, et réussit à prendre quelques clichés du pic-vert qui s'envole vers lui, avec ce qui semble être un petit animal accroché sur son dos.
Alourdi par son passager clandestin, l'oiseau fini par se poser à environ 20 mètres des deux observateurs. En se rapprochant, ils ont dû effrayer la belette, qui s'est échappée, et a laissé l'oiseau s'envoler.
Ce n'est qu'en rentrant chez lui et en regardant ses photos sur son ordinateur que Martin Le-May s'est aperçu que l'animal brun qui avait pris le pic-vert pour un oiseau-taxi était une jeune belette. «J'ai alors réalisé que j'avais pris une photo vraiment spéciale», a-t-il raconté avec modestie sur ITV News.
L'arrivée au bord de la Salton Sea, immense lac salé dans le désert californien aux confins du Mexique, c'est d'abord une odeur fétide, quelques flaques d'eau aux reflets douteux et deux ou trois cadavres de poissons.
Puis, très vite, la beauté et la fertilité de ce corps d'eau menacé par la sécheresse, véritable bombe à retardement écologique, prennent le dessus.
A la nuit tombante, le ballet de centaines de pélicans, mouettes et canards sauvages, dans les couleurs irisées du soleil couchant qui se reflète dans l'eau comme sur un miroir, est tout simplement magique.
"La réputation de la mer de Salton selon laquelle elle sentirait toujours mauvais et serait entourée d'oiseaux ou de poissons morts est fausse", assure Bruce Wilcox, l'un des responsables de l'IID, l'une des agences locales de gestion d'eau et électricité.
Cette mer intérieure, où vivent ou transitent 400 espèces d'oiseaux, est née en 1905 d'un accident d'ingénierie civile, qui s'est traduit par le débordement du fleuve Colorado. Elle est située à 71 mètres sous le niveau des océans, au sud du parc national de Joshua Tree, à 250 km au sud-est de Los Angeles.
Dans les années 50 à 60, les rives de la Salton Sea étaient une destination de vacances huppée où l'on faisait du ski nautique, des courses de bateaux, de la pêche. Elle s'étendait alors sur plus de 50 km de long et environ 20 km de large.
"Il y avait quatre marinas et tellement de gens sur la plage qu'on ne pouvait pas poser une serviette", se souvient Larry Wienebock, routier retraité, assis dans le garage de sa petite maison de Bombay Beach.
Désastre sans équivalent
Cette ancienne station balnéaire ressemble aujourd'hui à une ville fantôme dont la plage, obstruée par une proéminente digue de terre, est jonchée de carcasses de voitures, de ruines ou d'objets rouillés en tous genres.
Car à partir des années 1970, la mer de Salton a commencé à se réduire comme une peau de chagrin, entraînant un bond de sa salinité et une baisse de sa profondeur. Cela fait bien longtemps qu'on ne peut plus y pêcher ou faire du bateau. Le yacht club, les échoppes de pêche et les commerces ont fermé. Et ce déclin pourrait encore s'accélérer.
"La Californie fait face à une sécheresse historique", rappelle Tim Krantz, professeur d'études environnementales à l'université de Redlands.
A cela s'ajoute l'arrivée à terme en 2017 d'un complexe accord de partage des eaux du fleuve Colorado, qui devrait entraîner une forte diminution de l'eau s'écoulant dans la Salton Sea.
Bruce Wilcox s'attend à ce que cette mer perde un tiers de sa superficie en quelques années à peine et que son lit de sable parsemé de sédiments de cadmium, phosphates, engrais et insecticides se répande dans toute la région à cause de fréquentes tempêtes.
Pour Tim Krantz, "ce serait un désastre sans équivalent pour la qualité de l'air" dans une région où vivent "1,5 million de personnes".
Les cas d'asthme, de cancers du poumon et autres maladies respiratoires pourraient bondir dans une zone où elles sont déjà quatre fois plus fréquentes que dans le reste du pays. Sans oublier les milliards de dollars de revenus agricoles menacés, de valeurs immobilières qui risquent de s'effondrer, etc.
"Si la mer s'assèche, toute la vallée de Coachella va devenir inhabitable", s'inquiète Randy Rynearson, un barbu poivre et sel, depuis le comptoir de sa quincaillerie de Salton City.
Agir et débloquer des crédits
Les conséquences sur l'écosystème pourraient s'avérer encore plus catastrophiques et décimer les poissons restants, puis les oiseaux migrateurs privés de proies, sur cette étape clé des routes migratoires.
Agences gouvernementales, militants écologistes et chercheurs tentent de convaincre le gouvernement californien d'agir et de débloquer des crédits.
De nombreux projets ont vu le jour, plus ou moins réalistes, comme la construction d'une large canalisation acheminant de l'eau depuis le Pacifique ou depuis la mer de Cortez, qui borde la côte mexicaine.
Celui qui tient la corde prévoit une division par deux de la surface de la mer et l'installation sur les parties asséchées d'exploitations de géothermie ou de combustibles à base d'algues ainsi qu'une réserve naturelle.
Ces projets se chiffrent autour de 5 à 10 milliards de dollars. Mais selon les chercheurs du Pacific Institute, le coût de l'inaction sera bien plus élevé, entre 20 et 70 milliards. Sans parler du risque d'interminables poursuites en justice si des milliers de résidents tombent malades à cause d'un désastre mal anticipé.
Le goût des pissenlits (1)
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C’est un constat que chacun peut faire et qui vaut toutes les études : chose impensable voilà une vingtaine d’années, il est désormais possible de traverser la France tout en conservant le pare-brise de sa voiture presque vierge de toute trace d’insectes. D’autres signes, comme la division par trois de la production française de miel en vingt ans, ne trompent pas.
Ce déclin des hexapodes – dont celui des abeilles domestiques est la part médiatiquement émergée – commence à mobiliser timidement la classe politique. Ségolène Royal devait présenter, mercredi 20 mai, en conseil des ministres, un plan national d’action en faveur des abeilles et des pollinisateurs sauvages (bourdons, papillons, abeilles solitaires, etc.).
La ministre de l’écologie, du développement durable et de l’énergie devait notamment confirmer l’appui de la France à la reconduction du moratoire européen mis en œuvre en décembre 2013. Celui-ci interdit certaines utilisations de plusieurs insecticides agricoles, mais arrive à son terme fin 2015. La volonté de la France de le voir reconduit avait été annoncée, le 7 mai, par Stéphane Le Foll, le ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt. Depuis, la position française s’est durcie. « Il ne s’agit pas uniquement de reconduire le moratoire après 2015, mais de l’étendre à d’autres substances et d’autres usages », précise-t-on ainsi dans l’entourage de Mme Royal.
Le moratoire européen ne concerne actuellement que quatre molécules – dont trois appartenant à la famille dite des « néonicotinoïdes » – et n’en interdit que certaines utilisations. Ces produits demeurent par exemple autorisés sur les céréales d’hiver. Deux autres néonicotinoïdes, le thiaclopride et l’acétamipride, ne sont en outre pas concernés par le moratoire en vigueur.
Socialistes divisés
Cette famille de neurotoxiques, introduite au milieu des années 1990, est suspectée d’être un élément déterminant du déclin des insectes. Sans attendre une possible évolution de la réglementation européenne, Mme Royal devait aussi annoncer la saisine de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), chargée de « définir de nouvelles interdictions d’usage » des néonicotinoïdes en France.
Le renforcement de la position du gouvernement sur le sujet est récent. Le 16 mars, un amendement à la loi sur la biodiversité, déposé par les députés socialistes Delphine Batho et Gérard Bapt et prévoyant l’interdiction totale des néonicotinoïdes en France dès 2016, avait ainsi été adopté en première lecture par l’Assemblée… contre l’avis du gouvernement.
Les socialistes semblent d’ailleurs divisés sur la question. En février, une proposition de résolution déposée au Sénat par Joël Labbé (EELV) et dont l’objet était simplement d’enjoindre au gouvernement français de plaider, au niveau européen, un moratoire étendu sur les néonicotinoïdes – position aujourd’hui portée par Ségolène Royal et Stéphane Le Foll – n’avait guère séduit dans les rangs socialistes. Sévèrement rejetée (64 pour et 248 contre) par les sénateurs, la proposition de résolution avait fédéré contre elle la quasi-totalité des votes socialistes (108 sur 111).
Mobilisation croissante de la société civile
Le gouvernement est, sur le sujet, poussé par le volontarisme de certains parlementaires, mais aussi par une mobilisation croissante de la société civile. Lancée fin avril par la Fondation Nicolas Hulot et l’association Générations futures, une pétition demandant le retrait des « néonics » a recueilli quelque 50 000 signatures en trois semaines.
Cependant, les annonces gouvernementales contre les pesticides tueurs d’abeilles suscitent quelques suspicions. Delphine Batho a ainsi adressé, lundi 18 mai, une question écrite au gouvernement, s’étonnant de l’impossibilité d’accéder aux détails de la note des autorités françaises adressée à la Commission européenne sur le sujet, et demandant sa publication.
Outre la guerre officiellement déclarée contre les néonicotinoïdes, Mme Royal devait présenter d’autres pistes d’action : soutien financier aux territoires sans néonicotinoïdes ou encore changement des pratiques de gestion de la végétation sur les accotements du réseau routier. « La pratique dite du “fauchage tardif” permet, par exemple, d’augmenter localement la diversité des insectes pollinisateurs d’environ 30 %, dit-on au ministère. C’est quelque chose qui sera mis en œuvre sur les 12 000 km du réseau routier national. »
Les autres gestionnaires des voies de communication (collectivités, SNCF, etc.) seront sollicités par l’Etat pour appliquer des pratiques favorables à la préservation des pollinisateurs, autour des réseaux dont ils ont la charge.
Transhumance. La dernière de Michel Paul
Flore. Une plante protégée au bord du bitume
En se nourrissant de micro-organismes, les insectes ont un impact non négligeable sur les dégagements de CO2.
Insectes et vers contribuent fortement à la réduction des émissions de carbone en consommant les micro-organismes. C'est la conclusion à laquelle est arrivée une équipe internationale de chercheurs, qui a étudié l'influence de la biodiversité souterraine sur le changement climatique. L'étude qu'ils ont publiée cette semaine dans le journal Proceedings of the National Academy of Sciences montre que, contrairement à ce que leur taille pourrait laisser penser, ces organismes invisibles ont une influence énorme sur les émissions de dioxyde de carbone, l'un des principaux gaz à effet de serre mis en cause dans le dossier du changement climatique.
«Maintenir ou restaurer la biodiversité des sols est un point crucial si l'on veut éviter les conséquences néfastes du changement climatique», explique au Figaro Thomas Crowther qui est chercheur à l'université de Yale (USA) et responsable de l'étude. Pas de solution miracle, d'après lui: il faut laisser le sol se régénérer. L'harmonie de l'écosystème souterrain est tellement complexe que jouer avec l'introduction d'espèces serait trop aléatoire. Selon le chercheur, la biodiversité du sol s'équilibre très bien toute seule. «La régulation des micro-organismes se fera en partie par la prédation des espèces comme les vers et les insectes», assure-t-il.
Jusqu'à 9 fois plus de carbone
Chaque année, microbes et champignons décomposent les matières organiques (végétales et animales), libérant ainsi entre 50 et 75 milliards de tonnes de carbone dans notre atmosphère. Ce qui, d'après Thomas Crowther, représente 7,5 à 9 fois les émissions de carbone d'origine humaine. Or, d'après l'équipe de recherche, l'activité humaine non seulement émet du dioxyde de carbone, mais favorise aussi la prolifération des micro-organismes.
L'exploitation des sols provoque simultanément deux facteurs favorables au développement des micro-organismes. D'un côté, l'utilisation des engrais augmente la quantité de nitrates dans le sol dont sont friands les micro-organismes. Alors que de l'autre, leurs prédateurs naturels, tels les vers et les insectes, sont éliminés par les activités humaines: monocultures, déforestation, urbanisation et pesticides.
Vers et insectes menacés par l'homme
Ainsi, plus la température du globe augmente, plus les micro-organismes dégagent du carbone dans l'atmosphère. «Si la température globale augmentait de 5°, les micro-organismes seraient responsables de 2 à 3°», avertit Thomas Crowther. Même si le phénomène est connu, cette étude passe à la loupe le rôle de cette biodiversité dans le cycle du carbone. Pour le chercheur américain, «nous devons en savoir plus sur la biologie souterraine pour prédire les conditions climatiques à venir».
Dans les zones où la communauté souterraine est endommagée ou absente, les effets du changement climatique seront les plus forts, conclut l'étude. «Notre but est de faire comprendre aux gens que même les plus petits animaux qui vivent sous nos pieds sont essentiels à notre survie», souligne Thomas Crowther.
Projet collaboratif
Toits végétalisés, jardins, balcons et cimetières fleuris : de part et d'autre de la ville, cette «autoroute» est en fait un réseau de différentes étapes où les abeilles pourront se réfugier et butiner les fleurs.
Organismes publics, entreprises privées, membres de la société civile sont invités à mettre en ligne, sur le site polli.no, leurs contributions pour étoffer la carte des relais pour abeilles.
Acteurs de la biodiversité
«Les abeilles sont des acteurs de la biodiversité. Leur présence est non seulement indispensable à la production nationale de miel et d’autres produits de l’apiculture mais aussi à la pollinisation et donc à l’agriculture», rappelle le site du Ministère de l'Agriculture en France.
«Les hommes remodèlent constamment l'environnement dans lequel ils vivent pour faire face à leurs besoins, en oubliant parfois que d'autres espèces vivantes y habitent aussi», affirme Agnes Lyche Melvaer, à la tête de Bybi, le groupe environnementaliste qui soutient la protection des abeilles en ville et espère un effet boule de neige.
Une solution locale
Pour Christian Steel du «Réseau norvégien pour la biodiversité», l'initiative est louable mais ne doit pas servir de cache-misère aux autorités norvégiennes, qui soutiennent «l'autoroute pour abeilles» mais continuent à mener en parallèle une politique d'agriculture intensive, néfaste pour les butineuses. «L'agriculture doit beaucoup aux insectes, de la même façon que beaucoup d'insectes ont besoin de l'agriculture pour survivre. C'est de la dépendance mutuelle», rappelle-t-il.
En attendant, les initiateurs de «l'autoroute pour abeilles» espère un effet boule de neige. La solution locale aura au moins le mérite de ne pas laisser la situation des abeilles s'empirer.
Un cimetière fleuri par-ci, quelques pots sur un balcon par-là: Oslo se mobilise pour créer la première "autoroute à abeilles" au monde en vue de protéger ces butineurs indispensables à l'Homme mais menacés.
"Nous remodelons constamment notre environnement en fonction de nos besoins en oubliant que c'est aussi l'environnement d'autres espèces", note Agnes Lyche Melvaer, responsable de l'organisation Bybi (abeilles urbaines) et coordinatrice du projet.
"Pour corriger cela, nous devons leur redonner des lieux de vie et d'alimentation", explique-t-elle, assise sur un banc dans le jardin d'Abel, une petite oasis verte de la capitale norvégienne.
Avec ses tournesols, soucis, phacélies et autres fleurs mellifères (porteuses de nectar ou de pollen) plantées par les soins des riverains et d'écoliers, l'endroit, autrefois simple bout de gazon, est aujourd'hui une "station alimentaire" pour abeilles et bourdons.
Derrière son appellation pompeuse aux relents de bitume, l'"autoroute à abeilles", la première au monde selon ses promoteurs, vise à essaimer ce genre de relais fournissant le gîte ou le couvert aux insectes pollinisateurs pour leur permettre un jour de pouvoir traverser la ville de part en part.
Un toit végétal en haut d'un immeuble de bureaux, un cimetière agrémenté d'espèces fleurissant à différentes périodes de l'année, un espace vert laissé aux herbes folles, un hôtel à insectes au fond d'un jardin, des marguerites sur le rebord d'une fenêtre... Particuliers, institutions, entreprises et associations sont invités à apporter leur graine, puis à afficher leur contribution sur une carte sur le site .
Pot de miel à 182.000 dollars
Au 12e et dernier étage du bâtiment ultra-moderne qu'il occupe dans un nouveau quartier d'affaires en bordure du fjord d'Oslo, un grand cabinet d'experts-comptables a choisi de recouvrir de sedum, surface végétale prisée des abeilles, une partie de la terrasse et d'y placer deux ruches.
Quelque 45.000 ouvrières s'affairent ainsi, insouciantes des économistes en costume ou tailleur déjeunant à proximité.
"Il faut y voir un signe que les entreprises prennent elles aussi leurs responsabilités pour préserver la biodiversité", affirme Marie Skjelbred.
Cette experte-comptable férue d'apiculture a convaincu son employeur de cofinancer ce projet de 400.000 couronnes (46.000 euros) avec le propriétaire de l'immeuble.
"Les ouvrières vivent une soixantaine de jours", explique-t-elle savamment. "Au cours de leur vie, elles ne font qu'une cuillerée de miel". Puis, en bonne comptable, elle livre ce petit calcul: "Si on devait faire le travail qu'elles font en étant payé au salaire minimum, un pot de miel coûterait 182.000 dollars".
La situation des insectes pollinisateurs en Norvège n'est pas forcément aussi préoccupante qu'aux États-Unis ou dans d'autres pays d'Europe où les maladies et les maux associés à l'agriculture intensive (monoculture, pesticides...) font des ravages, mais un tiers des 200 espèces d'abeilles sauvages et bourdons recensées dans le pays sont néanmoins considérées comme menacées.
Cela a de quoi inquiéter puisque entre 30% et 40% de ce que nous mangeons nécessite un processus de pollinisation, un service fourni gratuitement par les insectes alors qu'une équipe franco-allemande de chercheurs (INRA, CNRS et UFZ) a estimé en 2005 sa valeur économique à 153 milliards d'euros.
"Effet papillon"
S'il salue l'initiative de Bybi, Christian Steel, secrétaire général du Conseil norvégien pour la biodiversité (Sabima), dénonce une "politique de courte vue" des autorités norvégiennes.
"Le pouvoir semble se cacher derrière ce genre d'initiative privée tout en conduisant parallèlement une politique favorisant l'agriculture intensive qui aboutira à la mort de nombreuses abeilles", regrette-t-il.
"L'agriculture est totalement tributaire des pollinisateurs pour maintenir la production alimentaire tout comme les insectes sont dépendants d'une agriculture variée pour survivre. C'est une dépendance mutuelle", ajoute-t-il.
Déjà, la disparition des insectes butineurs oblige des paysans à polliniser à la main dans la province chinoise du Sichuan ou à transporter des ruches en camion à travers les États-Unis pour polliniser les cultures.
Dans le jardin d'Abel, Agnes Lyche Melvaer dit croire en l'"effet papillon": "Si on arrive à résoudre localement un problème global, il est permis de croire que cette solution locale marchera aussi ailleurs".
- www.polli.no
Une plante carnivore attire dans ses rets les frelons asiatiques, ont découvert des botanistes de Nantes. Mais pas encore au point de nous permettre de gagner la guerre contre cet insecte invasif qui détruit les abeilles…
C'est l'histoire d'une plante venue d'Amérique du Nord, qui rencontre un insecte originaire d'Asie. L'histoire d'amour finit mal pour ce dernier: la carnivore Sarracenia a séduit le frelon asiatique qui, attiré par le nectar et les phéromones de la plante, s'est abîmé au fond de ses feuilles recourbées en forme d'urne.
Une découverte faite un peu par hasard par Christian Besson, jardinier botaniste du Jardin des plantes de Nantes qui accueille des sarracénies depuis 2010. A l'automne, il ouvre une feuille de sarracénie pour la montrer au public, et y trouve des spécimens de Vespa velutina nigrithorax à moitié digérés par les sucs gastriques de la plante. Romaric Perrocheau, directeur du Jardin, explore alors le contenu de 200 urnes avec un chercheur du Muséum d'Histoire naturelle. Dans chacune, raconte-t-il, «en moyenne trois frelons asiatiques».
Sarracenia pourrait-elle sauver les abeilles de France? Le frelon asiatique, espèce invasive venue d'Asie probablement caché dans un conteneur et repéré pour la première fois en France en 2004, a conquis plus de 70 % de notre territoire. Il s'attaque aux autres insectes, en particulier les abeilles. Las, les moyens de lutter sont bien maigres: des pièges ont été testés, des produits à base de dioxydes de souffre spécialement autorisés par un arrêté publié en 2013, une mouche parasite débusquée… Mais rien de très probant n'existe encore contre ce cauchemar d'apiculteur. Pire, l'animal sait se défendre et devient de plus en plus résistant aux armes utilisées contre lui.
Pour autant, Sarracenia à elle seule ne permettra sans doute pas d'«éradiquer les frelons asiatiques», nuance Romaric Perrocheau. Et pour cause: les monstres aux dents vertes ont un petit appétit avec une cinquantaine d'insectes dévorés par la plante au maximum, selon le botaniste, quand un nid peut abriter plusieurs milliers de frelons. Difficile d'imaginer entourer les ruches de forêts de sarracénies, lesquelles poussent dans les tourbières… Éric Darrouzet, biologiste à l'Institut de recherche sur la biologie de l'insecte (IRBI) de l'Université de Tours et coordonnateur des projets de recherches sur le frelon asiatique, tâche néanmoins de définir la molécule produite par la plante qui attire le frelon. Celle-ci pourrait être utilisée avec le prototype de piège sélectif qu'il teste actuellement en laboratoire. Objectif: attirer le frelon asiatique, et uniquement le frelon asiatique. Or dans ses sarracénies, Romaric Perrocheau dit avoir aussi trouvé des «mouches, mais jamais aucune guêpe, aucune abeille, aucun frelon européen».
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Fleur d'Aquilegia eximia. © Brad Kelly.
Souvent les plantes engagent des gardes du corps pour les protéger contre les agresseurs, qu'ils soient grands herbivores ou petites larves. Un des exemples les plus connus et spectaculaires est celui de cet acacia africain qui héberge et nourrit de sa sève des fourmis, lesquelles défendent l'arbre... contre les éléphants qui veulent en manger les feuilles. Leurs morsures étant particulièrement douloureuses, même pour un pachyderme, les insectes jouent avec efficacité leur rôle protecteur pour leur plante nourricière. Mais les végétaux qui ne sécrètent rien de comestible ont-ils les moyens de se payer une protection ? Une surprenante étude américaine, à paraître dans la revue Ecology et dont j'ai découvert l'existence grâce au blog "Inkfish" d'Elizabeth Preston, montre que oui...
Ses auteurs se sont intéressés à Aquilegia eximia, une ancolie poussant sur la côte nord de la Californie. Celle-ci présentait trois particularités, trois pièces qui pouvaient, en s'emboîtant d'une certaine manière, écrire un scénario digne d'un film sur la pègre. Premier élément : l'agresseur. A. eximia a un ennemi, la chenille du papillon de nuit Heliothis phloxiphaga, qui a pour habitude de dévorer les structures reproductrices – boutons, fleurs, fruits – de plusieurs espèces de plantes. Deuxième élément : les protecteurs. On note souvent, sur ce végétal, la présence de plusieurs arthropodes chasseurs ou charognards, comme une araignée-crabe ou la punaise tueuse Pselliopus spinicollis qui ne crache pas sur les œufs de papillon... Troisième élément (potentiel, celui-là) : la récompense pour les gardes du corps. Les chercheurs ont ainsi remarqué que l'ancolie en question produisait une sorte de liquide visqueux capables de piéger, d'engluer, des insectes arrivés là en "touristes", pour reprendre l'expression utilisée dans l'étude. A partir du mois de juin, une seule tige de fleur peut être recouverte de plusieurs centaines de cadavres de petits arthropodes. Se pouvait-il, se sont interrogés les auteurs de l'étude, que la plante attire et tue les "touristes" afin de les offrir en pâture aux bestioles capables de la défendre ? Un peu comme si, dans un film de mafieux, un restaurateur invitait à dîner quelques costumes rayés en leur demandant, par la même occasion, de le débarrasser de quelques importuns.
Pour le déterminer, ces scientifiques ont mené l'expérience sur le terrain. En juillet 2014, ils ont marqué 50 pieds d'Aquilegia eximia. Pour la moitié d'entre eux, qui devaient servir de groupe témoin, rien n'a été fait. On les a laissés vivre leur vie. L'autre moitié, en revanche, a eu droit à un traitement un peu particulier : une fois par semaine pendant tout l'été, armés de sortes de pinces à épiler, les chercheurs venaient nettoyer la tige portant la fleur de tous les cadavres d'insectes mesurant au moins un millimètre qui s'y étaient scotchés. A chaque fois étaient comptés les cadavres retirés et les prédateurs présents sur la plante. On notait également le nombre de structures reproductrices de l'ancolie ainsi que leur état – mangées ou pas par les chenilles.
Résultat : chez les ancolies du groupe témoin, on trouvait 74 % de gardes du corps en plus par rapport à celles qui avaient été nettoyées des cadavres d'arthropodes. Du coup, délaissées par leurs anges gardiens, ces dernières avaient plus de deux fois plus de chances que les autres de voir leurs structures reproductrices endommagées par les chenilles. Restait à déterminer si Aquilegia eximia agissait d'une quelconque manière pour faire venir à elle les malheureux "touristes" vers elle ou si seul le hasard les menait là. Une expérience simple a montré que la plante émettait probablement des signaux chimiques attractifs, une sorte de "chant des sirènes", écrivent les auteurs en référence à Homère. On se souvient en effet que l'Odyssée évoque ces monstres qui, grâce à leur chant auquel nul ne résiste, attirent les marins sur des récifs où leurs bateaux se fracassent et où les sirènes dévorent les naufragés. La seule différence avec la mythologie grecque tient dans le fait que, dans le cas de cette ancolie californienne, la plante elle-même n'est pas carnivore : elle ne fait que s'acheter une protection à coups de protéines animales...
Pierre Barthélémy (suivez-moi ici sur Twitter ou bien là sur Facebook)
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Incapables d'arrêter les ravages d'un insecte invasif arrivé d'Asie, les autorités canadiennes testent à Montréal une nouvelle recette pour sauver les arbres de la métropole québécoise: la propagation d'un champignon anti-agrile du frêne.
Suspendues à la canopée, d'étranges chenilles vertes en plastiques d'un mètre de longueur portent les espoirs des chercheurs du Service canadien des forêts. "On veut introduire une maladie dans la population d'agriles pour l'attaquer", explique à l'AFP Robert Lavallée, entomologiste dans cette agence fédérale.
Casque orange sur le crâne, il dirige ce jour-là une petite équipe venue relever ces drôles de pièges à insectes dans un quartier résidentiel de Montréal.
Découvert en 2002 à la frontière canado-américaine, près de Détroit, l'agrile est originaire d'Asie du Sud-Est. Ce parasite est devenu la bête noire des frênes, un arbre au feuillage abondant et particulièrement apprécié dans les zones urbaines de la côte Est en Amérique du Nord.
À Montréal, cet arbre au bois dur souvent utilisé pour le parquet, est particulièrement répandu. Quelque 200.000 frênes ombragent la ville et ses alentours, soit environ 20% de tous les arbres de l'île. C'est autant de pouponnières pour l'agrile: née sous l'écorce, la larve se gave ensuite des fibres de l'arbre, jusqu'à l'étouffer et à le transformer en bois mort.
Sa présence est récente dans la capitale économique du Québec avec une première observation en 2011. Cet insecte aux reflets verts foncés de moins de 2 cm de longueur s'est très rapidement répandu, à tel point qu'un arrondissement du centre ville estime que 4 frênes sur 10 devront être abattus d'ici dix ans après avoir été étouffés par cet envahisseur.
- L'agrile résiste au froid -
"Je pense qu'on ne trouvera pas de solution pour Montréal car l'agrile y est déjà bien implantée et on a peut-être passé le stade où cet insecte est endémique", confie Robert Lavallée.
Face à cette situation incontrôlable, "l'idée est de ralentir le développement de l'agrile, car on ne pourra pas l'éliminer".
La solution passe donc par les chenilles en plastique suspendues aux arbres avec, à leur extrémité, une poudre tirée d'un champignon nocif pour les agriles.
L'expérience n'en est qu'à ses débuts, mais les chercheurs canadiens semblent confiants quant à la capacité de ce champignon de se répandre et d'aider à la réduction de la population de cette nuisance.
Quasi-inconnu avant sa découverte en 2002 en Amérique du Nord, l'agrile du frêne résiste aux grands froids du Québec et possède très peu de prédateurs, ce qui explique sa propagation fulgurante. En moins de 15 ans, l'insecte s'est incrusté dans les écorces des frênes de 23 États américains et de 2 provinces canadiennes.
Une étude publiée en 2012 par la société internationale d'arboriculture a évalué à 890 millions de dollars canadiens (640 millions d'euros) l'impact sur 30 ans de l'agrile du frêne dans les villes nord-américaines.
A Montréal, un plan de lutte a été élaboré pour faire face au petit agresseur: l'élagage des arbres est beaucoup plus encadré, le déplacement des déchets verts strictement limité, mais en vain.
La deuxième ville du Canada "pourrait perdre des milliers de frênes en quelques années", selon la municipalité, s'inquiétant en outre des "sérieux problèmes de sécurité dans les rues et les parcs" posés par tous ces arbres morts.
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