LES BELLES COULEURS
Nonchalants les gens se rapprochent autour du port
Admirant les bateaux accrochés aux corps morts.
Ce soir nous fêterons le quatorze juillet,
Lentement le feu d'artifice se préparait.
Perdu dans la nuit noire un grand bruit retentit.
Boum ! Morlaix nous invite à son beau paradis.
Le firmament se pare de plumets de fête,
Pour notre plaisir nous bouleversant la tête.
De ses chevelures d'étoiles scintillantes,
Toutes décorées de flammèches retombantes,
Habillées frivoles de lumières d'argent,
Les premières lueurs voyagent sous le vent.
Les toitures se pavanent de cent merveilles
Reflétant leurs parures comme des soleils.
Eblouis par cette cité ensorcelée,
Acclamant cette ville en tenue de soirée.
Dégustant pleinement ces fusées qui jaillissent,
Enthousiasmés les spectateurs applaudissent.
Dans le zénith continuent ces ballets fougueux,
Mélange de poudre et de produits gazeux,
Combustions lentes des cartons qui s'envolent
Retombant pour se consumer sur notre sol.
Les jardins du ciel voulant chasser l'obscurité
Accélèrent la cadence des feux tirés,
Provoquant en nous de fortes explosions de joie,
Voyant dériver ses météores de soie.
Alors les flammes reflètent dans tous les yeux
Comme une féerie de faisceaux lumineux.
De grands cris s'élèvent en rumeur générale
Les cœurs se resserrent lors du bouquet final.
Un panaché de fleurs de pompons du Japon,
Bien savamment mêlé d'ombrelles de chiffon,
Des milliers d'étincelles tombent en gerbes d'or
Veillant sur une communauté qui s'endort.
Bleues, blanches, rouges, les couleurs de notre France,
Ce soir de juillet nous offrent de l'espérance.
SOIREE MAGIQUE
Les carantéquois se réjouissent
Célébrons le 13 juillet.
Attendant le feu d'artifice
Trop angoissée mon cœur battait.
Mes vieux souvenirs ressurgissent
Réveillant mes vilaines peurs
Et s'écoulent sur ma peau lisse
De grosses perles de sueur.
Tendrement Papa me console
Et dans ses bras m'emprisonnant
Résonnent ses douces paroles,
Tout en moi me réconfortant.
Dans la nuit les coups retentissent
Lâchant les premières lueurs.
Toutes les belles fusées rugissent
Emerveillant les spectateurs.
Protégée dans ma tendre enfance
Ce soir je goûte ce bonheur
Qui pour moi a de l'importance :
Partager mes rires et mes pleurs.
Morgane et Joël (Morlaix)
Les sirènes me rentrant en tête
Se mettent toutes à raisonner.
Ce qui me paraît le plus bête
Je ne me suis pas affolé.
Pour moi tu paraissais si belle
Allongée dans ces draps tous blancs.
Tes yeux verts brillaient d'étincelles
En me dévisageant souvent.
Dans cette chambre des mourants,
Ton long regard m'a questionné.
Baissant nos yeux en même temps
Tu connaissais la vérité.
Les méfaits du temps sont tombés
T'emportant dans l'immensité.
Aimant ce soleil te brûler
Partir était ta destinée.
Tu m'as transmis ta passion
En partageant l'amour des fleurs.
Fleurissant ma jolie maison
Ton beau sourire demeure.
A peine âgée de quarante ans
Tu nous as quitté pour le ciel
En laissant mari et enfants.
Nous te croyons si éternelle.
Les sirènes m'ont réveillé
Pour parler pour tous ceux qui t'aiment,
Pour ceux qui n'ont pas oublié.
Dans leur cœur tu restes la même.
Tous les mots sont toujours les mêmes
Pour dire merci au bonheur
Et pour te dire que je t'aime.
Repose en paix petite sœur.
Joel Michel (Morlaix)
Poupée de tendresse, poupée pour les caresses,
Poupée de tristesse, poupée que l'on agresse.
Belle comme Barbie, belle comme l'amour,
Belle comme la vie, belle comme ce jour.
Délicatement tu te glisses près de moi,
Ton doux baiser sur ma joue me laisse en émoi.
De mon clavier relevant doucement la tête,
Voyant ton visage mon cœur se mit en fête.
-Que tu es très bronzée et vive soulignais je !
-Tu as du te tromper de pays m'esclaffais je !
De ton sourire gracieux tu me répondis,
Autour de la table sur le banc tu t'assis.
D'un beau geste de la main avec minutie
Tu relèves tes mèches couleur de la suie.
M'observant d'un regard tout fuyant par la crainte
En sortait de tes lèvres une très longue plainte.
Larmes très méchantes, larmes de gros soucis
Larmes très coulantes, larmes de mon amie.
Regard bien douloureux, regard plein de détresse,
Regard tout suppliant, regard plein de sagesse.
Les mots, les phrases et les explications sortirent
A chaque syllabe je m'attendais au pire.
De connivence ne se quittèrent nos yeux,
Tes troublants récits me rendirent malheureux.
Sur tes pommettes de petits ruisseaux coulèrent,
Aussitôt tes doigts agiles les essuyèrent.
Peiné par cet entretien j'approchai ma main,
Tu l'acceptas de suite comme grand soutien.
Mes mots t'accompagnent de toute leur chaleur,
Tu les mémorises extrayant leur vraie valeur.
Tout lentement te sentant en grande confiance
Tu rentres dans les détails de tes expériences.
Pleure sans retenue soulage ta souffrance
Pleure sans honte comme au temps de ton enfance.
-Non je ne veux pas qu'il sache que j'ai pleuré
Ce serait la bonne excuse pour se moquer!
Le temps s'écoule mes mots pour toi sont choisis
Sonnant l'amitié pour soulager tes ennuis.
La porte de mon cœur t'est laissée grande ouverte
La visite du jardin secret t'est offerte.
Joel Michel (Morlaix)
Sous la pluie
On dit que ce n'est pas très sage
De s'balader pendant l'orage,
Mais nous nous aimons les éclairs
Et le son du tonnerre.
A marcher dans les flaques
Ça fait flic, ça fait flac,
A danser sous la pluie
Sous le ciel de midi.
A dire qu'il fait trop chaud,
A délirer dans l'eau.
En classe toutes mouillées,
Obligées de s'dessaper.
A marcher dans les flaques
Ça fait flic, ça fait flac,
A danser sous la pluie
Sous le ciel de midi.
En bas de l'escalier,
Un clodo tout paumé
Nous demande des euros,
Mais pas pour acheter d'l'eau.
A marcher dans les flaques
Ça fait flic, ça fait flac.
A danser sous la pluie
Sous le ciel de midi.
Audrey Michel (Morlaix)
DROLE D'ALLURE
Le regard fixe, une accroche autour du cou,
Sans bras sans jambe te voyant je fais la moue.
Pour astiquer je t'attrape de mes deux mains,
Trop fin de te prendre plus bas serait malsain.
Ta coupe à la brosse te fait passer partout
En te positionnant par dessus ou dessous.
Préférant te fuir que de te manipuler
Mes positions préférées je dois adapter.
Pour changer moumoutes nous avons un grand choix,
Tes formes et tes couleurs peuvent choquer parfois.
Un jour tu peux être brun châtain ou rouquin,
Le blond ravit tout dépend des goûts de chacun.
Tout vêtu de poils de paille ou bien de nylon ,
Ton long manche a fière allure de toute façon.
De vous faire naviguer au septième ciel,
Demander à la sorcière s'il fait merveille.
A présent je ne vous laisserais pas languir,
Me tapant sur le dos il pourrait m'assouvir
Car lui sans bien réfléchir il me punirait.
Comprenez on dit souvent « con comme un balais ! ».
Musique forte du téléphone aux oreilles
Qui retentit tout bruyamment et me réveille.
Délaissant mon lit chaud comme tous les matins
Bien endormi j'entre dans la salle de bain.
En tâtonnant j'attrape la mousse à raser
Soigneusement mon menton est badigeonné.
Sous le robinet versant sa belle eau fumante
Mouillant le rasoir sous le jet je m'ébouillante.
Avec soin passe et repasse la fine lame
Un geste indélicat et ce serait le drame.
En remuant des lèvres, des joues et du nez
Je pratique mon sport commençant ma journée.
Derrière mon dos s'échappent des gloussements
Il crie ma souffrance!
Égarée dans ce monde égoïste
J'aimerais croire que j'existe.
Je voudrais être invisible.
Mais est ce possible ?
Dans cette maudite société
Qui rejette sans pitié
Mon affection et amitié.
Ce monde de malheur
M'a brisé le cœur.
En me causant tant de peines
Cela m'entraine vers la solitude,
De pleurer est devenue une habitude.
Mon cœur est meurtri.
Ma vie l'est aussi.
Pour enfuir mes souffrances.
À travers cette solitude je fuis
Ces médisances que je vis.
Je ne vois aucune issue.
Je suis sans cesse déçue
Si ce n'est que de me taire !
A quoi sert donc la vie
Si c'est pour qu'elle m'oublie!
J'ai tout essayé
Mais cela n'a rien changé.
Je subis mon triste destin.
Je voudrais un peu de chaleur
Pour réchauffer mon cœur.
Abominable existence!
Mais cela n'a plus d'importance.
Je n'ai qu'une envie:
Quitter cette triste terre
Pour ne plus rester solitaire.
Bouteille à la mer
Au gré des flots une bouteille naviguait,
Dans son ventre un très vieux message s'enfermait.
Si tu es très sage je te le conterais,
Pourtant hésitant je ne sais si je devrais.
« Partis en long voyage comme deux amants,
De ces chaudes plages on en rêvait si souvent.
La plus belle fille au monde m'a envoûté,
Juste deux secondes m'ont suffi pour l'aimer.
Douce peau reluisante couleur de la nuit,
Très longue chevelure couleur de la suie,
Gracieux galbe des reins invitant à l'amour,
Près de moi je voudrais te garder pour toujours.
Embarquée pour longtemps sur mon riche bateau,
Lui offrant souvent ce qui avait de plus beau :
Colliers, diamants, perles et les plus précieux joyaux,
Un jour elle s'enfuyait avec mon matelot.
Depuis me comportant en homme malheureux
Errant de port en port en me séchant les yeux,
En recherchant en vain ma princesse d'ébène
J'essaie honteusement de me cacher ma peine.
Mes simples écrits si vous les avez retrouvé
Je ne vous demande pas de la rechercher,
Seulement de lire mes propos, d'écouter :
N'enfermez pas l'amour en cage dorée ! ».
Ce très vieux papier soigneusement replié,
A la mer la bouteille je l'ai rejetée.
Retenant le conseil je l'ai vu s'éloigner
Voguant sur les flots vers une autre destinée.
Joel Michel (Morlaix)
LE CLIN D'ŒIL DE L'ARCHANGE
Ce soir les cloches sonnèrent à toutes volées
Nous annonçant que Noël a bien commencé.
Une silhouette attira mon attention
Dans cette nuit froide à donner le grand frisson.
Bien seul en attendant que le temps le dégrise,
Assis à l'abri sous le porche de l'église,
Il priait la Madone ou bien un de ses dieux,
Pour qu'il puisse le rendre un peu moins malheureux.
Tout en haut accroché au sommet du clocher,
Devinant mon action comme pour me guider,
Je crus apercevoir un clin d'œil de l'Archange,
La statue colorée au fin sourire étrange.
Sa main tremblante et tendue je la refermais,
Ne voulant point y placer que de la monnaie.
Lentement il m'accompagnait à la maison,
Boire chaud fut déjà une des solutions.
De suite rassuré il me contait sa vie
Parlant du triste cheminement qui suivit.
Les services sociaux veulent bien l'accueillir
En souhaitant pour lui qu'il veuille s'en sortir.
En me quittant cet homme n'était point plus riche
Mais entre nous deux il n'y eut jamais de triche.
Pour quelques heures il trouvait son identité,
Sa dignité, la chaleur d'un jeune foyer.
A l'avenir lui seul fera son propre choix,
Sachant qu'il n'est pas seul à porter une croix,
Qu'il profite de cette main toute tendue
La chance ne se présentant peut être plus.
Qui Indique sa froide présence,
Ciel gris, temps couvert ,
Bien sur c'est l'hiver:
Saison morte, saison cruelle
Faisant fuir les hirondelles.
Malgré ce temps froid
Ressentant une émotion en moi
Je regarde les flocons tourbillonner
Et doucement venir se poser
Sur la terre enneigée.
Quelle douce, belle, légère
Parure vraiment éphémère !
Le temps d'un rêve m'étant si cher
Je découvre ce paysage d'hiver
Qui doucement est venu déposer
Son manteau enneigé.
Pendent dans les arbres glacés
De belles guirlandes gelées.
Devant tant de beauté,
De finesse, de tendresse,
De splendeur, de richesse
J'ai découvert la magie
D'un hiver tout en féerie.

Voyage étrange
Tout dernièrement j'ai fait un très grand voyage
En la compagnie d'un bien affreux équipage
Me retrouvant subitement chez les damnés
Où ma conscience m'a vite fait déporté.
Enchaîné en fond de cale d'un vieux vaisseau,
La bouche alimentée par un très gros tuyau,
De boisson des êtres emplissaient mes fins boyaux
Et constamment en moi ils gardaient le niveau.
Là dans cet enfer pour ne pas mourir noyé
Une roue d'une pompe je devais tourner,
Condamné à ne jamais pouvoir m'arrêter
De boire cet alcool que j'avais consommé.
Fatigué après une éreintante journée
La manivelle j'arrêtais de la tourner.
Lentement le liquide s'est mis à monter
Voyant ma fin je me suis mis à suffoquer.
Enfin pour mieux m'accompagner dans mon breuvage
Ces êtres emplissaient la pièce de leur ramage :
« Retourne sur terre et si tu ne comprends pas
Dans le fond de notre cale tu reviendras ! ».
Dans ma jambe une douleur me fit sursauter,
Le pied de mon épouse m'avait réveillé,
Et de mon affreux cauchemar m'avait tiré.
Mon bras passé autour du cou l'a remercié.
Plusieurs années après la conscience réveille
D'affreux souvenirs qui au fond de nous sommeillent.
Au lever il m'arrive de me demander :
Ai je rêvé? Est ce une réalité?
Joël Michel (Morlaix)
Le soir je voudrais que tu me prennes la main,
Ensemble jouons au vieux magicien Merlin.
Dès à présent peux tu agrémenter la vie
Et la transformer en un petit Paradis.
Vivant dans un monde de grande liberté,
Fais nous apparaître une colombe dorée
Qui par miracle montera droit vers les cieux
Pour demander l'assistance de notre dieu.
De ta baguette magique enlève les chaînes
De tous ces malheureux que la misère entraîne
A voler au grand jour leur seul pain quotidien,
Pour beaucoup d'entre eux pour ne point crever de faim.
Peux tu transformer toutes ces pièces d'argent
En des mets savoureux et vraiment odorants
Afin de partager les richesses du monde
Pour atténuer la vive rumeur qui gronde.
Te servant de nouvelles formules magiques
Essaie de nous rendre la vie moins dramatique.
Les hommes des villes ramenés en campagnes,
Les enfants revivraient ainsi que leurs compagnes.
De ton pouvoir ralentit la marche du temps
Que nous reviennent les plus belles années d'antan
Où tous ces gens appréciaient les moments qui passent,
Dans les villages se côtoyant sur les places.
Un jour mon souhait pourrait se réaliser
De voir de nouveau tous les bons hommes s'aimer.
Avec de l'illusion on pourrait transformer
Ce splendide rêve en une réalité.
En errant sur les plages et le bord des rivages.
Très sécurisée tu me suivras partout.
Amie nous visiterons mon pays si fou.
Le Levant, le Couchant brilleront de tous feux.
Dame Nature te présentera ses toiles:
Reflets d'argent sur l'eau, bateaux bordant leurs voiles.
Donne-moi ta main! On bravera les averses
Nous surprenant lors de nos excursions diverses.
Nous trouverons des gites sous les grands rochers:
Dolmens, allées couvertes servant à s'abriter.
Ouvre tes narines! Déguste ces parfums
Se dégageant des landes le long des chemins.
Au passage les fleurs feront la révérence
Effleurant tes tissus, honorant ta présence.
Leurs violentes rafales sur nous se projètent.
Au loin admire aussi cette mer déchainée
Eclatant ses vagues et son écume perlée.
Leurs flèches éffilées défient tous les vents.
Monuments ornés de plusieurs monstres de pierre
A l'approche les personnes font moins les fières.
Aimes tu toutes ces choses qui me passionnent?
Observe bien car ce fou pays est le mien,
Les gens vont, écoutent et ne disent jamais rien.
Un jour veux tu que nous les lisions livres en mains.
Alors donne moi ta main, faisons ces voyages.
Ensemble découvrons ces sables et fins rivages.
Connaissez-vous un peu Jojo le jardinier ?
De vraiment s'occuper il n'est point le dernier.
Entrez ! Entrez! Venez admirer les parterres
Les bassins fleuris et les belles jardinières.
Mais dites-moi, qu'est ce qu'il est en train de faire ?
Dans sa tête mûrissent des idées à plaire.
L'automne va remplacer l'été terminé,
La nature s'habillant de couleurs dorées.
Il est grand temps de ramasser les fleurs fanées
Pour qu'elles se reproduisent la prochaine année.
Commençons donc par faire sécher les pétales,
Dans la serre la chaleur sera idéale.
Préparons ensuite récipients et cuvettes
Séparons couronnes et calices dans les barquettes.
En petites pincées les graines venaient,
Petites lamelles sur le tas s'empilaient.
Dans l'enveloppe plaçons en conservation
Dans quelques mois les semences reproduirons.
Alors ces œillets d'inde sortiront de terre
Au jardin dont la propriétaire en est fière.
Toutes ces fleurs de couleurs variées ensoleillent,
En mélange en corbeilles sont pures merveilles.
Connaissez-vous un peu Jojo le jardinier ?
De vraiment s'occuper il n'est point le dernier.
Dis! Te souviens tu de ce fameux jour
quand mon coeur te déclarait son amour,
Mon corps voulant se chauffer de ta flamme.
Mais tu es si loin c'est cela le drame.
Bien sûr je m'en souviens avec tendresse
Tous tes mots sonnaient comme des caresses .
Voir ton sourire serait mon souhait,
De désir mon bon coeur s'enflammerait.
Dis! Pour moi pourrais tu faire un effort
De prendre cet amour à bras le corps,
De le secouer de toute ta transe
Lui dire que mon amour est immense.
Pour toi j'affronterais toute distance
Et je traverserais toute la France.
D'en rêver est notre seule raison
Et nos mots resteront notre passion.
En partant plus loin en de grandes farandoles.
Pour se poser et dévorer les feuilles molles.
Tape, tape des pieds, les poissons apeurés
Brusquement sautillent dans l'eau pour se sauver.
Les grenouilles se sont remises à coasser.
Claque, claque dans tes mains, fais fuir les lapins
Qui tranquilles se reposent sur le chemin.
Mais ils reviendront assez vite les coquins.
Claque, claque dans tes mains car on fait la fête
Des moineaux, des pinsons et des bergeronnettes.
Tous contents d'eux les rossignols secouent leur tête.
Dansons, dansons, rejoignons les nains de jardin
Qui nous attendent depuis le petit matin,
Pour que tous ensembles nous reprenons leur refrain.
Donnons nous tous la main et faisons une ronde
Pour un court moment participons à ce monde,
Vivons notre rêve seconde après seconde.

Depuis plusieurs jours déjà il nous en parlait
De ce fameux petit tour de France à Morlaix.
De lui parler de vélo ses yeux verts brillaient
Sur son visage un sourire resplendissait.
Mais aujourd'hui levé très tôt de bon matin
Nono nous dévoile un comportement chagrin.
Les forts bruits de klaxons et lui ne sont pas copains.
A trois ans ils restent tous mignons ces gamins.
Pour ces petits bouts que fut longue cette attente
Voyant les plus grands passer en files importantes,
Portant les marques des entreprises animatrices,
Roulant après les voitures accompagnatrices.
Mon Nono sois prêt pour faire le tour de ville!
Prends ton beau tricycle pour rentrer dans la file!
Fier de toi et de tes exploits papa te pousse.
Les parents sont heureux des progrès de leur mousse.
Joël Michel (Morlaix)
*Pan, Pan*
Je cours, encore et encore. Je ne m'arrête pas. J'épie le moindre bruit. Je regarde tout autour de moi, je ne vois que des arbres, des buissons, des branches.
*Crac*
Je cours, encore et encore. Je me retourne quelques temps pour voir s'il est proche de moi. Mon souffle est saccadé et mon cœur s'affole.
*Crac*
Je cours encore et encore. Je l'entends, il me rattrape. Je suis perdu, je n'y arrive plus. Je trébuche.
*Crac*
Je respire fort, encore et encore. C'est fini, ma vie est finie. Je n'arrive plus à me relever. Qu'est ce que vous feriez à ma place ? Je rampe.
*Crac*
Je respire fort, encore et encore. Le bruit se rapproche de plus en plus. Ma cage thoracique se soulève irrégulièrement. Je pouvais voir son ombre arriver à coté de moi.
*Crac*
Je respire fort encore et encore. Voilà, il est là. Je me retourne pour lui faire face et affronter ma peur.
J'étais surprise en le voyant. Il se tenait devant moi, tout droit. Il s'était arrêté à quelques mètres. Il me regardait avec ses petits yeux noirs. Son étincelant manteau beige brillait à la lumière de la lune. Lui aussi était essoufflé.
Qu'est ce qui ce tient devant moi ? Cet être n'est rien d'autre que le maître de la foret. Le roi des bois.
Oui, le plus magnifique des Cerfs.
Rassurée, je souris. Puis je poursuivis mon chemin.
Morgane 15 ans (Morlaix)
Depuis le matin je mesure, coupe et peins
Décorant les jardinières en bois au jardin.
La douce soie du pinceau effleure et caresse
Majestueusement les lames avec tendresse.
Les couleurs fuchsias, verts anis ou violettes
En été donneront un joli air de fête.
Amie! Pour toi qui adore tant les fleurs
Je les soignerais avec toute ma douceur.
Mais manquerais je d'un peu d'imagination?
Mon esprit serait il porté à confusion?
Pourtant une idée me trotte dans la tête.
J'oublie vite. L'age me rendrait il bête?
A l'affût à l'abri derrière les carreaux
Très décidé je voulais prendre des photos.
Approchez bergeronnettes! Venez moineaux!
De manger quelques graines vous donnera chaud.
Dans le ciel couleur grise couleur monotone
Virevoltent et tombent les doux flocons aphones.
Voulant percer le manteau les jonquilles trônent,
Giroflées, roses de Noël, crocus festonnent.
Frigorifiés et perchés sur le portillon,
Attentifs les oiseaux scrutent vers la maison
De suite prêts à s'envoler au moindre son.
Toutefois craintifs ils s'avancent par petits bonds.
Qu'il est bon de trouver quelque peu de pitence
Alors que les humains en jettent en abondance.
Profitez-en les mésanges! Faites bombance!
Les boules de graisse servent de becquetance.
Brusquement je sentis bondir sur mes genoux,
Mon ami le chat au beau pelage si doux.
En voyant bouger mes convives, devenant fou,
Ses pattes à la fenêtre Chat griffait partout.
Au moindre mouvement les oisillons s'envolent.
Adieu surprises! Adieu clichés! Je me révolte.
Dos rond se frottant en démarche désinvolte,





















Bien tout doucement le long jour s'achève
Car notre chaud soleil plonge au couchant.
Ferme tes beaux yeux, fais nous de beaux rêves,
Je reste près de toi un court instant.
«Dis moi Papa au fond de ta mémoire
Recherche ce soir une tendre histoire,
Comme toutes ces légendes d'antan
Lorsque comme nous tu étais enfant ! ».
Alors mes souvenirs commencent ainsi :
Très loin en habitant la Tunisie,
Pas très riches nos deux jeunes garçons,
Tout pensifs, cherchèrent une solution.
« Demain matin c'est la fête des mères,
Peu argentés comment allons nous faire ! »
En marchant faisant du lèche vitrine
Un sourire éclaira leurs jolies mines.
La bijouterie prit leur attention,
Une boite montrait un médaillon.
En boutique ils demandèrent le prix.
« N'ayant pas assez, le cadeau tant pis ! ».
Ils refouillèrent de nouveau leurs poches,
La marchande regarda les deux mioches.
Du manque de monnaie son cœur fut fort,
Chaleureuse elle emballa ce trésor.
Pendant de nombreuses années ce présent,
Offert avec le cœur de ses enfants,
Noir et émeraude comme un diamant,
De cent facettes brillait sur maman.
Bien perdu après ces nombreuses années,
Dans ma mémoire il restera gravé.
Merci de me l'avoir fait repenser,
Mais mon cœur ne l'avait pas oublié.
Ma chérie ferme tes lourdes paupières,
Rêve aux anecdotes de ton vieux père.
Dors, si tu rencontres un bijou volant,
Ce sera donc celui de ma maman.
Joel Michel (Morlaix)
Ceci je l'ai écrit pour la plus jeune de mes filles, comme elle me demande tous les soirs de lui raconter cette histoire. Mais je sais que plus tard, comme ce bijou elle terminera au fond d'un tiroir. Ainsi s'en vont les histoires d'antan !
Bien au chaud
Depuis la soirée la tempête faisant rage,
Dans les vieux arbres continuent son ravage.
Les plus valeureux chênes aux nombreux nœuds craquants,
Trop secoués perdent leurs feuilles et tous leurs glands.
Les bois coupés attendaient dans la cheminée
Que les maîtresses flammes viennent les lécher.
Jaloux comme des maris qui voudraient épier
Les vents se déguisent en volutes de fumées.
Bien frigorifiée, tremblante par ce grand froid
Pour te réchauffer viens te blottir contre moi.
Dans ce lit la chaleur dégagée sous les draps
Nous invite à continuer nos beaux ébats.
Par les persiennes s'échappent les hurlements
Provoqués par ces courants d'air en imitant
La haute symphonie de nos rugissements,
Rythmant notre douce musique sur leur chants.
A l'aube Dame Nature s'est réveillée
En veillant sur tous les amants bien enlacés.
Les braises crépitent en bas de la cheminée
Toutes chaudes comme les amours consommés.
Brûlant ses ardeurs la tempête s'est calmée,
Là tout le monde fait la grâce matinée.
Afin que les amoureux finissent leur nuit,
Marchons à pas de velours sans faire de bruit.
Joel Michel (Morlaix)