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17 janvier 2021

Poème Joel: Jamais content

 

Jamais content

           
Jamais content 
 
Miaou! Miaou! Je veux aller dehors.
Allons! Allons! Ici personne ne me sort.
Dans cette demeure la liberté me manque,
Je préférerais une vie de saltimbanque.
 
Allez! Allez! Chat cesse tes jérémiades.
Chut! Chut! Tes pleurs me rendent malade.                
Attaché au piquet l'air te fera grand bien,
Dans la cour tu pourras faire tes vas et viens.
 
Au jardin en journée je me suis activé. 
De longs moments Chat est resté me surveiller:
Que veut faire le maître de ce monticule
Les gravillons se nettoient, les bras gesticulent.
 
Le soir tombe mes yeux scrutent par la fenêtre,
Tapis dans le fameux tamis Chat attend Maître.
Miaou! Miaou! Hé! M'a-t'on oublié?
Le froid d'hiver pince je voudrais bien entrer.
 
Une fois relâché il est venu manger,
Les bonnes croquettes l'ont vite rassasié.
Devant le chauffage soufflant il s'y allonge
Confort et chaleur le font plonger dans ses songes.
 
Qu'il est doux de rêver avec tant d'assurance 
Dans un gentil foyer loin des insuffisances.
On rêve d'ailleurs et de toujours trouver mieux, 
D'être un peu oublié nous fait ouvrir les yeux.
 
Certains jours moi aussi je pense à mes passions, 
A ces grands besoins de liberté, d'évasion.  
Pourtant de ce que j'ai déjà je m'en contente
De ne pas trop envier reste chose prudente. 

Fais comme moi, Minou, de temps en temps ronronne.
De nos petits larcins Maîtresse nous pardonne.
Dans ses bras qu'il est doux de se réconforter,
De sentir ses caresses et ses tendres baisers.
 
  Joël Michel (Morlaix)


C'est l'hiver.

Aujourd'hui est passé en un temps de saison
Bloquant la plupart des gens dans leurs maisons.
Lentement des cheminées les fumées s'élèvent
En offrant leurs écharpes au soleil qui se lève.

Bien paisible la campagne engourdie somnole
Habillée de son manteau de poudreuse molle.
A présent le froid règne en Maître. C'est l'hiver,
Pour les vivants symboles de joie ou d'enfer.

Contre les talus exposés se forment au vent
En dos de chats des congères tout frissonnants.
Parée de blanc immaculé dame Nature
Sévira malheureusement de ses froidures.

Dans cette ornière profonde l'engin s'avance,
Chargé, aplatissant tout sous ses roues immenses.
Malheur à l'opportun qui subira son poids,
La masse de fer n'éprouvera nul émoi.

Des bennes vidées en plusieurs rangées de tas
Les mottes roulent libérant tous leurs appâts.
Quelle belle aubaine pour tous les volatiles
Qui des airs scrutent ces offrandes bien subtiles!

Une aigrette à l'affût sur son perchoir de glace
Fond sur un mulot lui portant le coup grâce,
Impassible se faufile dans les ajoncs
Pour savourer ce festin qui semble si bon.

Tant affamés les vanneaux en habits plaisants
S'associent à la présence des goélands.
Holà! Gare aux imprudentes bergeronnettes
Qui veulent s'emparer de ces repas de fête.

Dandinant par terre sous ce vent qui enivre
Ces êtres ne sont jamais peureux pour survivre.
Très effrontés se moquant du monstre d'acier
Très près les seigneurs du ciel se sont rapprochés.

La restriction des vers pénalisant chacun
Pousse à jouer du bec pour chasser les copains.
Les plus gros n'étant point adeptes du partage,
Soyez parées les mésanges pour l'accrochage.

Le froid est là. Pour se nourrir chacun surveille
Le premier faux pas du faible qui se réveille.
Les flocons tourbillonnent silencieux et légers,
Jolie farandole de papillons ouatés.

Joel Michel (Morlaix)
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